ce n’est qu’un début ! la philo avec les enfants
 
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L'avenir des ateliers de philosophie pour les petits
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Jean-Charles Pettier,
Prof. certifié de philosophie
IUFM Créteil / UPEC Paris 12 (2'38")
<strong>L'avenir des ateliers de philosophie pour les petits</strong><br />
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Jean-Charles Pettier,<br />
Prof. certifié de philosophie<br />
IUFM Créteil / UPEC Paris 12 (2'38")
L'intérêt des ateliers philosophie avec les enfants
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Isabelle Duflocq, Directrice
École maternelle Jacques Prévert, Le Mée-sur-Seine
(2'28")
<strong>L'intérêt des ateliers philosophie avec les enfants</strong><br />
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Isabelle Duflocq, Directrice<br />
École maternelle Jacques Prévert, Le Mée-sur-Seine<br />
(2'28")
Bonheur pédagogique
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Isabelle Duflocq, Directrice
École maternelle Jacques Prévert, Le Mée-sur-Seine
(2'28")
<span><strong>Bonheur pédagogique</strong><br />
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Isabelle Duflocq, Directrice<br />
École maternelle Jacques Prévert, Le Mée-sur-Seine<br />
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MON EXPÉRIENCE DANS L’ÉDUCATION NATIONALE

Jean-Charles Pettier, professeur certifié de philosophie présente sa vision des activités à visée philosophique avec tous ses élèves.

L’idée de faire réfléchir de jeunes, voire de très jeunes élèves, à des questions d’ordre philosophique, en aurait surpris plus d’un, aussi bien parent qu’enseignant, il y a une vingtaine d’années en France. Comment comprendre qu’elle paraisse si facilement acceptable, aujourd’hui ?
Lorsque j’ai débuté mes travaux de recherche, en 1995, j’avais dans l’idée qu’il fallait proposer un enseignement philosophique aux adolescents les plus en difficulté du système scolaire : une idée dont je mesurais mal à ce moment qu’elle était révolutionnaire, l’enseignement philosophique étant cantonné aux élèves de terminale.

Pourquoi le faire alors ? Il me semblait que l’on devait défendre l’idée que chacun avait un « droit à la philosophie ». Il me semblait que, dès lors que l’on acceptait l’idée que chacun devait être éduqué, et que l’on considérait que, pour autant, être capable de faire des choix, d’assumer sa liberté, nécessitait un apprentissage aux « grandes » questions philosophiques.

Loin de moi, à cette époque, l’idée d’une pratique avec des élèves de l’école élémentaire, ne parlons pas de l’école maternelle ! Mes travaux ont assez rapidement intéressé certains représentants de l’« enseignement spécialisé », comme par exemple Pierre Belmas, à l’époque en charge de la formation des enseignants spécialisés de l’IUFM de Créteil, qui m’a immédiatement permis d’intervenir dans les formations les concernant.

Fondamentalement intelligent et intéressant

En plus de proposer des activités à visée philosophique, mes travaux conduisaient en réalité à reconsidérer la place à donner à l’élève dans la classe, en le prenant pour quelqu’un de fondamentalement intelligent et intéressant. Un type de relation dont Jacques Lévine rendait parfaitement compte en disant que l’on considère l’élève comme un « interlocuteur valable ». Mes travaux m’ont permis d’une part, progressivement, de rencontrer des chercheurs ou acteurs sociaux qui, en même temps que moi, mais sans concertation ( !), s’étaient mis à proposer des pratiques philosophiques à d’autres niveaux que la terminale. D’abord M. Tozzi, didacticien de la philosophie, dont les travaux étaient rejetés par l’institution, qui a suivi mes travaux de recherche en secondant F. Galichet, responsable de ma thèse. Plus largement que ce milieu de chercheurs, d’autres « acteurs » sociaux, culturels, pédagogiques développaient un intérêt pour des problématiques proches. Ainsi, le directeur de la « Fondation 93 », A. Beresteski, fondation de Seine Saint-Denis qui proposait à des enseignants de philosophie d’intervenir dans des classes d’adolescents en difficulté scolaire. Le psychanaliste Jacques Lévine, et l’enseignante Agnès Pautard, tous deux développant une réflexion pour permettre à des élèves en maternelle d’avoir des temps pour penser aux grandes questions qu’ils se posent.

Petit à petit, en nous rencontrant, en organisant des colloques, l’écho de ces pratiques dans l’éducation nationale s’est accru, avec un accueil souvent favorable de la part des enseignants qui semblaient prêts à franchir le pas... Tout cela peut paraître surprennant: comment comprendre l’intérêt simultané de différents chercheurs pour cette idée, à partir du milieu des années quatre-vingt dix ?

Comment comprendre que, sortant de l’école, elle rencontre souvent un écho favorable auprès des parents ?

 Il me semble que plusieurs idées permettent de le comprendre: ce que les pratiques de classe concrétisent, ce qu’elles affirment de l’enfant et plus précisément de l’élève, correspond à un état contemporain de la réflexion éthique, politique, sociale, pédagogique, concernant l’enseignement.

L’idée que l’enfant a des droits, affirmée par la Convention Internationale des droits de l’enfant. La nécessité de l’aider à construire des systèmes de valeurs pour pouvoir leur donner sens. Le souci de lui permettre, au contraire, de comprendre, en lui permettant d’examiner et critiquer le monde. Le souci qu’il puisse, devenu adulte, vivre en démocratie, un système où l’on tente de respecter certaines différences, où l’on doit débattre pour décider, où l’exercice de son esprit critique sera sollicité.

Avec comme conséquence de se rendre compte qu’il se pose très jeune beaucoup de questions, dont certaines peuvent être entendues comme des questions « philosophiques ». L’idée enfin, concernant les plus en difficultés, qu’il faut les aider à progresser non pas en leur proposant un travail simplement simple, concret et basique, mais au contraire en les confrontant à du « compliqué », de l’abstrait qu’il va falloir leur apprendre à gérer intellectuellement avec les autres…

On confond souvent respect des différences et droit de dire et faire ce qui nous passe par la tête, débat philosophique et « café du commerce »…C’est pourquoi il me semble qu’un gros challenge nous attend: permettre de former les enseignants, les accompagner, leur fournir des supports, les aider à faire de ces pratiques (sans en supprimer le plaisir !) un élément du travail dans la classe articulé aux autres.

Jean-Charles Pettier

 

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