ce n’est qu’un début ! la philo avec les enfants
 
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4 ans, n'est ce pas trop tôt ?
-
Marie-France Daniel
Professeure de kinésiologie
Université de Montréal (1'47")
<strong>4 ans, n'est ce pas trop tôt ?</strong><br />
-<br />
Marie-France Daniel<br />
Professeure de kinésiologie<br />
Université de Montréal (1'47")
 
 

PHILOSOPHER À 4 ANS

"Pourquoi voir Ce n'est qu'un début ?" Se demande Marie France Daniel experte québécoise de la philosophie pour enfants.

Parce qu’il est esthétique, parce qu’il est émouvant, parce qu’il montre une chose très belle : des enfants de 4 ans qui « philosophent ». Qu’est-ce que philosopher ? Selon Matthew Lipman, le concepteur de l’approche de Philosophie
pour enfants, philosopher c’est apprendre à « bien-penser » - et ce, dès le plus jeune âge. Dans
la réalité de la classe, cela veut dire que les enfants se rassemblent pour réfléchir ensemble
sur des concepts ouverts comme l’amour, la liberté, la justice, la beauté… à partir de leurs
expériences et de leurs besoins.

Le but de la philosophie est d’aider les personnes à mieux comprendre la vie et le monde
qui les entoure et les façonne. Durant les ateliers hebdomadaires de philosophie, les enfants
questionnent les beautés et les laideurs de la société : être tellement pauvre qu’on mange dans
les déchets! Ils expriment les préjugés dont ils sont déjà empreints : deux femmes ne peuvent
pas être amoureuses! Et ils verbalisent leurs contingences pour pouvoir éventuellement les
accepter : Moi j’aimerais ça être Blanc et pas Noir…

La philosophie, c’est un moyen pour apprendre à penser et pour apprendre à être – à être avec
les autres. Parce que la vie, c’est la vie en société. Il faut apprendre à s’exprimer clairement
si on veut être compris; apprendre à inventer des relations nouvelles si on veut faire une
différence; apprendre à se soucier des autres et du Bien commun si on veut devenir un citoyen
responsable; apprendre à se comprendre et à s’auto-corriger si on veut évoluer en tant que
personne. Philosopher c’est apprendre à dire, à faire, à être et à vivre ensemble.

Mais attention : ce n’est pas parce que les enfants parlent et pensent qu’ils philosophent. Mes
recherches dans des classes de divers pays m’ont fait comprendre qu’apprendre à philosopher
est un processus long et exigeant qui requiert de la rigueur intellectuelle, de la créativité, de
la sollicitude envers autrui et de l’ouverture d’esprit. Laissés à eux-mêmes, les enfants n’y
arrivent pas! En effet, spontanément, ils ont tendance à échanger de façon anecdotique,
c'est-à-dire à raconter des anecdotes personnelles sans se soucier des points de vue des pairs.
Guidés par l’adulte, les enfants réussissent à échanger de façon monologique, c’est-à-dire que
leur parole devient plus complexe, malgré le fait qu’ils soient encore peu influencés par les
interventions des pairs. Et, graduellement, toujours guidés par un adulte « formé à l’approche
philosophique », ces enfants apprendront à écouter l’autre, à respecter son point de vue et à y
agencer les leurs … ils dialogueront puis ils dialogueront de façon critique. C’est l’étape la plus
aboutie du processus d’apprentissage du philosopher.

Mais quelque soit l’étape où ils sont rendus, quand les enfants entrent dans le processus de
réflexion philosophique, ils sont beaux et émouvants à voir et à entendre…

Marie France Daniel

 

A PROPOS DE L'AUTEUR

A propos de l'auteur

Marie-France Daniel

- Présidente du Comité d'éthique de la recherche des sciences de la santé (CÉRSS) de l'Université de Montréal

- Chercheure, Groupe de recherche en éducation éthique et en éthique de l'éducation (GRÉÉ) www.gree.uqam.ca

- Professeure titulaire au département de kinésiologie de l'université de Montréal